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Tour du Cézallier : le pays des "vaches rouges"

 

Lundi 3 Août : Allanche – Marcenat : 17 km

 
Après un petit café de retrouvailles dans le si charmant café rétro d’Allanche, nous garons les voitures sur le parking du Cézallier. (du Cézalier ? 1 « L », 2 « L » ? les deux sont autorisés).
Quelques faux-départs, des aller-retours et nous voilà sur le chemin du Bac où le guide se trompe derechef. Il vaudra bien mieux se laisser guider désormais par les petites vaches rouges !
 
Dans le bois du Fouet, malgré la tentation, nous ne goûtons pas aux framboises par crainte de la leptospyrose transmise par les renards mais Gil s’autorise à cueillir les plus hautes. Alors, si la DDE y va, pourquoi pas nous ?
Pour pique-niquer, une table près d’un travail du village de Pradiers.
Très beaux ruisseaux, très beaux sentiers, magnifiques panoramas sur les monts du Cantal, immenses étables, hameaux au nom poétique tel « Rascoupet »,vaches hautaines qui nous toisent du haut de leur prairie…
Au pont des Ondes, les tourbières sont exploitées pour les jardineries.
Une tentative de pause dans le bois se solde par un échec, tant les moustiques sont agressifs.
Il ne reste plus que 3 km de route jusqu’à Marcenat que nous parcourons au pas de course.
Dès l’entrée du village, nous sommes frappés par l’importance des maisons bourgeoises, en fait maisons des marchands de toile, colporteurs enrichis au début du XXème siècle.
L’hôtel de la Poste n’ouvre qu’à 18 h : certains attendront à la terrasse et d’autres iront visiter le musée de la foudre.
Après un diaporama plus soporifique qu’artistique la visite nous permet d’apprendre qu’en voiture on n’est pas réellement protégé et qu’en montagne, en cas d’orage, il faut s’accroupir en position repliée, la main droite sur la main gauche pour empêcher la décharge de filer jusqu’à notre pauvre cœur.
C’est ce qui a dû arriver à un malheureux montagnard dont les restes déchiquetés attestent de la violence de la déflagration (les restes des vêtements, bien sûr, pas du montagnard!)
Pour que nous comprenions bien Maïthé nous fait une démonstration limpide.
Les chambres sont super mais le repas un peu moins bien.
Quelques-uns terminent la journée par une visite du village, magnifique décor de cinéma parfaitement fleuri mais quasiment vide, ce qui ne nous déplaît pas.

 
Mardi 4 Août : Marcenat  - Egliseneuve-d’Entraigues : 24 km
 
Départ à 8h30, une seule erreur sur un itinéraire parfois surprenant dans ses options.
A Rocherousse, 10 voitures pour 2 exploitants.
Le chemin offre de belles vues sur le village. Un peu plus loin une vache croise bizarrement ses pattes.
Au Godde la croix dressée sur une butte est vraiment originale.
La route fait faire un grand détour qui amène près du monastère orthodoxe que la majorité paresseuse choisit de ne pas visiter. Nous aurions sans doute mieux fait de prendre le raccourci par la cascade.
La perspective d’un pique-nique à Montgreleix nous aide à grimper la longue côte qui finit sur la route.
Pendant le repas derrière la mairie, Jean-Michel narre, gestes à l’appui, l’attaque d’un bouc basque. Nous saurons désormais quelle est la meilleure manière de s’en défendre en utilisant son sac à dos comme un bouclier.
Lorsque nous allons boire un café sur la place de l’église, une mariée effarouchée s’enfuit, suivie du regard par un personnage hors du temps, arverne fin de race, cravate et gilet rouge, qui viendra ensuite nous observer longuement.
J-Pierre est allé s’abriter à l’ombre de l’église.
Il va malheureusement falloir abandonner les plateaux pour « curer les igues ». (On nous expliquera plus tard que cela vient du fait que ces estives appartiennent à des éleveurs aveyronnais qu’il est difficile de retrouver afin d’obtenir les autorisations de passage).
Dans ce parcours ségalien, les km commencent à nous peser et les douleurs à s’accentuer.
Par bonheur il y a de délicieux bonbons à la gomme d’acacia et suc de réglisse pendant l’arrêt-goûter juste au bord de la route au-dessus du Bac. Nous recommandons la marque Boul de Gom.
Enfin parvenus à Egliseneuve, après un passage au restaurant Force, nous faisons un dernier effort pour arriver jusqu’au gîte communal, route de Besse.
La douche nous requinque avant de redescendre chez Force. Le délicieux repas finira de reconstituer nos forces.
Pour 16 euros le choix est varié :
 

- Tarte auvergnate / Melon - Jambon muscat

- Bavette de pays - frites

- Excellents fromages auvergnats

- Myrtilles Melba / Tarte aux myrtilles

  

M. Force nous explique que le Cantal est le fromage fait avec le lait des vaches à l’étable et le Salers avec celui des vaches au pré. Nous revenons au gîte vers 22h30 et nous prenons une remontée de bretelles de la part d’un furieux qui trouve que, malgré nos efforts, on fait trop de bruit. Il n’a qu’à fréquenter les 3 étoiles !
   
 
Mercredi 5 Août : Egliseneuve-d’Entraigues – La Godivelle : 11 km
 
Lever peu après 7h et petit déjeuner avec du bon pain frais chez M. Force qui a dû en avoir assez de nous ramener sans cesse de l’eau pour le thé. Il finit par nous en ramener dans une carafe Pastis après avoir épuisé tous les pichets de vin de la veille.
Après de longues discussions pour savoir si nous allons acheter groupés ou séparés, chacun adopte sa stratégie et va se fournir au marché.
Nous n’aurons pas le temps de visiter le village. Dommage !
Nous chargeons nos sacs au gîte et continuons sur la même route pendant environ 1 km jusqu’à un petit chemin qui descend à droite vers la Clamouze.
Aussitôt après il faut suivre un sentier à gauche pour parvenir à la jolie cascade du bois de Chaux et à sa vasque. D’en haut, la jonction entre le socle cristallin et les coulées basaltiques paraît évidente.
La fraicheur de l’eau nous a rébiscoulé Claudine P.
Après des sentiers très sympas en lisière supérieure de la forêt, les magnifiques plateaux s’ouvrent sur le massif du Sancy à gauche et sur un panorama à 360°.
A La Clide, d’agrestes éleveurs un peu inquiétants chargent des chevaux.
Voilà Espinchal qui, selon le guide, était « vers 1925 le village de France à posséder le plus d’automobiles par tête d’habitant : depuis longtemps déjà, les marchands de toile, nombreux ici, avaient abandonné la voiture à cheval pour les chevaux-vapeur. »
Nous mangeons à l’ombre sympathique de la place près de l’église tandis que des forains d’Agen d’Aveyron démontent une installation improbable de moellons et de troncs destinée à supporter une piste d’autos tamponneuses. Leur petit chien apprécie les croûtes de St-Nectaire.
Après un hameau avec toit de chaume, une longue, longue, longue et chaude, chaude, chaude montée passe du macadam au chemin en caillasse. La pente donne souvent l’impression de cesser mais ce n’est qu’un faux-plat et elle repart.
Heureusement, les plateaux sont toujours aussi beaux et puis on redescend sur le lac d’En-haut de La Godivelle. Il s’agit d’un un lac enchâssé dans le cratère d’un volcan contemporain de la reprise de l’activité volcanique qui a repris au quaternaire sur ce plateau (Maar).
Le hameau ressemble à une oasis mais, malheureusement, le gîte n’ouvre qu’à 17 h et J-P est donc contraint à aller faire sa sieste dans les tribunes de l’église qu’il va tout de même trouver un peu fraîches. Au chevet de cette église une série de modillons représente les sept pêchés capitaux.
A l’intérieur, la statue de la vierge des deux lacs présente des poissons.
Les autres s’éparpillent dans le village à la recherche d’ombre puis visitent le centre d’info sur la réserve des Sagnes tenu par une charmante jeune femme.
A La Godivelle il y a 8 habitants l’hiver et 27 l’été.
Les troupeaux appartiendraient à des éleveurs nord-aveyronnais. Vive la PAC.
Nous pouvons enfin entrer au gîte qui a été joliment réaménagé.
Au menu :
 

- salade de tomates - lentilles 

- ragoût de veau aux champignons et crème fraîche

- pommes de terre 

- fromage et tarte aux fruits des bois

  

Cette étape est certainement la plus belle du circuit. 

  
 
Jeudi 6 Août : La Godivelle – La Baraque d’Aubiat : 17,8 km (par Jassy et Parrot)
 
Nous partons avant même 8h30 et passons près du lac d’En-bas situé à 400 m. de celui d’en-haut mais qui a une origine différente car il « s’est constitué derrière un des amas morainiques et est le produit de l’érosion glaciaire.» La marche sur le plateau entre les troupeaux est magnifique mais nous sommes heureux de les voir séparés de nous par des clôtures de fil de fer.
Une pause nous permet d’admirer le si joli lac de St-Alyre ou de Roche-Orcine fréquenté par les pêcheurs.
La biche puante écrasée au bord de la route et qui n’a conservé que sa tête et sa carcasse, elle, est fréquentée par les mouches.
Le troupeau de chèvres à l’entrée de Jassy est bien vivant.
A Boutaresse nous nous restaurons près de la fontaine tandis qu’un jeune homme fourbit sa moto jaune.
J-P qui a tracé pour trouver les traces doit revenir sur ses pas.
Finalement nous optons pour un pique-nique à l’ombre des épicéas dans la forêt. Ensuite nous passons à Parrot, plate-forme touristique goudronnée et station de ski de fond.
Une magnifique cavalière qui encadre une colo attire immédiatement l’attention de qui vous savez.
 Finalement nous arrivons à la Baraque d’Aubiat à 15 h mais cette fois-ci nous pourrons en profiter. Car notre hôtesse prend aussitôt son vélo pour nous accompagner au gîte. Elle propose même d’allumer le chauffage car il y a eu un peu de pluie et le fond de l’air est frais.
 Ceux qui apprécient cette fraîcheur choisissent le dortoir du bas avec table, cabine-douche lavabo séparé : le top !
 Tout le monde va visiter le magnifique jardin floral et potager aux multiples variétés avec mini-serre et cadran solaire végétal. Au dessous prairie et petit lac : un « bijou » ! ce que diront Domi et Claire au jardinier.
 Et pour le repas du soir une très belle salle à manger ornée d’abat jour en dentelle et de façades de lits clos, bref la classe! Le patron-jardinier fait le service et manie l’humour caustique avec autant d’aisance que les cassolettes d’endives au bleu. Il y aura aussi des manchons de canard et de la truffade ainsi que de la tarte aux groseilles.
La soirée se termine par une promenade ou une partie de barbu devant la porte.
 Pendant la nuit, l’orage gronde et la pluie tombe fort.

  
Vendredi 7 Août : La Baraque d’Aubiat - Laurie : 21 km
 
Nous sommes les premiers pour un petit-déjeuner lui aussi à la hauteur dans une petite salle à manger puis nous achetons de vieilles cartes postales.
Notre hôtesse tient à nous saluer pour le départ.
Cette étape est annoncée comme l’une des plus belles mais nous partons sous la pluie et le tonnerre gronde. Heureusement que nous savons que faire en cas de foudre !
Il est vrai que le paysage est beau mais il est difficile de l’apprécier à sa juste valeur en marchant 3h1/2 sous la pluie.
A Boisseuge, le four communal est en activité mais nous ne prenons pas le temps de nous réchauffer.
Lorsque la pluie s’arrête, nous le faisons aussi, pour pique-niquer au bord du chemin qui descend.
La petite église au mur-clocher de Leyvaux-Bas nous séduit par son ambiance et ses vitraux, et nous y faisons une longue halte.
Datée du XI, XII et XVème siècles, elle a été très bien restaurée récemment avec des vitraux qui évoquent ceux de Soulages.
Après le carrefour du ruisseau d’Apcher, le sentier passe devant une galerie de mine et remonte si rudement que nous nous arrêtons avant la fin. C’est là qu’une arpenteuse fait son numéro sur un sac à dos.
A Lussaud où abondent de très beaux linteaux de porte on nous offre de l’eau.
Nous traversons un autre ruisseau pour remonter jusqu’à Anliac et redescendre sur la route vers Laurie en contrebas. Certains se rendent directement au gîte tandis que d’autres étendent leurs vêtements en face de l’auberge pour parachever le séchage entrepris sur le corps même. Il ne reste plus qu’à voir une expo fort intéressante sur l’art roman régional puis l’église romane du XIème et sa vierge au sourire en bois polychrome, classée aux monuments historiques.
Notre chalet se trouve à 800 mètres en contrebas du village et nous sommes les seuls à l’occuper, ce qui nous permet de faire sécher le linge.
Il faut remonter à l’auberge où Christian nous propose un repas sans manières :
 

- Excellente terrine de foies de volaille préparée par ses soins et charcuteries

- Légumes farcis

- Plateau de fromages fermiers

- Tarte aux pommes

- Vin à volonté

  

Et cela à un tarif et avec une gentillesse défiant toute concurrence !
 
 
Samedi 8 Août : Laurie – Vèze : 16,5 km
 
A 8h30 nous avons sans doute tiré Christian du lit car il s’est couché un peu tard hier soir (les soirées sont chaudes à Laurie !) et il doit laisser chauffer le moteur.
Le petit déjeuner est agrémenté d’excellentes confitures artisanales, en particulier une de coing (ne pas tenir compte de l’étiquette même si elle indique des olives, c’est un gage d’authenticité.)
Remontée du village sous une très légère bruine brouillardeuse et parcours tranquille jusqu’à Molèdes.
En attendant l’arrivée du boulanger, nous visitons l’église de style auvergnat avec beau retable en bois et Christ du XIIème.
A l’extérieur, les modillons sont aussi très intéressants.
Les sandwichs d’Angèle sont prêts et l’accueil toujours sympa.
Après la Brèche de Giniol nous éprouvons quelques difficultés pour trouver le chemin qui contourne la ferme de Chanusclade et le sentier rendu impraticable par les broussailles.
Traversée de Moudet et Aubeviou et arrivée à Latour où subsistent des vestiges de moulins à céréales et à chanvre.
Les attardés reçoivent des explications d’un natif du village revenu en vacances.
Le chemin de Vèze est à présent bien dégagé et la remontée est moins pénible qu’annoncé sauf pour Claudine qui a reçu de mauvaises indications.
Le gîte près de la mairie est l’ancienne école qui a conservé un beau bâtiment et une jolie cour fermée.
Les curieux vont visiter la brocante puis l’église elle aussi ornée de modillons (dont un représentant une tête très moderne).
Sylvie nous a préparé un bon ragoût de veau aux pommes de terre.
Tandis que les acharnés terminent la partie entamée à La Baraque d’Aubiat, les autres trouvent assez rapidement le sommeil sur la mezzanine et Gil trouve même du chocolat dans son lit.
Un regret pour ce gîte : les sanitaires vraiment pas pratiques.
 
  
Dimanche 9 Août : Vèze - Allanche : 17 km
 
Confiture de rhubarbe ?
Sylvie nous a préparé les pique-niques et nous commençons par le circuit qui tourne autour de Vèze se profilant dans la brume.
Le répit d’une heure de temps sec nous permet de cueillir framboises et cerises sauvages.
Mais, comme la pluie est revenue, nous ne prenons pas la peine de visiter Feydit.
Peu après nous voilà perdus, plus de petites vaches rouges (on nous a dit que certains les enlevaient) et il faut faire une rude remontée dans le bois.
C’est finalement la boussole de J-P et surtout son propriétaire qui sait comment l’utiliser qui nous remettent sur la bonne voie.
Un maître taureau, chef d’un vaste troupeau meugle pour nous signifier que c’est lui qui commande et s’avance pour nous signifier que nous n’avons pas intérêt à nous approcher, ce que nous nous gardons bien de faire.
La halte à l’église de Chanet « buron ou cathédrale ? » est bienvenue car il pleut fort. Il s’agit d’un des plus vieux sanctuaires chrétiens de la région au plafond constitué de magnifiques pierres assemblées.
Mais le plus beau c’est notre propre chœur qui retentit sous la voûte !
Nous repartons, toujours sous la pluie, et nous accordons une petite halte sèche pour pique-niquer rapidement.
Au cours de la descente sur Allanche nous manquons perdre Annie électrocutée par la décharge d’une clôture électrique. Heureusement elle s’en remet et nous terminons le parcours sains et saufs.
La ville est envahie par les visiteurs attirés par la célèbre foire à la brocante, une des plus importantes de France.
C’est un retour rapide à la « civilisation » car, au cours de la semaine nous n’avons quasiment jamais rencontré de randonneurs.
Un dernier pot et … à la prochaine sortie.

 
 Texte et photos : Clau.