Mont Perdu
du 19 au 22 septembre 2009
Un des plus hauts sommets des Pyrénées, une cime mythique.... avec retour par la Vire des Fleurs...
Une rando de haute montagne incontournable et inoubliable
Tel était le programme.
Inoubliable !?
La météo, d’abord : seul week-end pourri de l’automne avec pluie, vent, neige et brouillard.
On n’y voit rien !
Le « coup de fatigue » de Jean-Pierre, ensuite, dans l’ascension du col des Sarradets et son inquiétude pour la course du lendemain :
Partira ? Partira pas ?
- On verra demain matin !
Les interrogations, enfin, sur la poursuite du programme : les prévisions météo ne sont pas bonnes. Mais on garde l’espoir…
- On verra demain matin !
Demain matin ? C’est dimanche.
On ne voit toujours rien : le brouillard est toujours aussi dense… Il a même neigé pendant la nuit. Déception !
Résignation ?
- Non ! Tant pis, on y va ! On monte au moins jusqu'à la Brèche de Roland, on verra bien...
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Le temps des photos, l'horizon se dégage. On entame la descente.
- On pourra peut-être faire la Vire des Fleurs, ose espérer Raymond.
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On fait une pause au bas de la moraine. On casse une croûte. On sort les cartes, la boussole de Jean-Pierre, l'altimètre de Bernard et on essaie de faire le point - on dit beaucoup de mal des cartes espagnoles ... puis :
- La Vire des Fleurs, c'est par là !
C'est par là aussi que Raymond va faire sa première chute en montagne - la première de sa vie de montagnard - dans la descente du col. Son genou et son coude sont mis à mal mais il serre les dents et continue.
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Bientôt, le canyon apparaît, vertigineux, la Vire des Fleurs se dessine tout en haut de la falaise.
Le spectacle est grandiose. Pause : contemplation, mais aussi... restauration !
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- Prêts ?
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C'est parti pour 3 km ...
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Emotion, frissons garantis !
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Edelweiss, isards, chardons bleus, cascades, torrents, falaises, précipices, points de vue, lapiaz... les appareils photos ne savent plus où donner de l'objectif ...
On quitte à regrets ces décors somptueux pour traverser un immense lapiaz et arriver finalement au refuge de Goriz.
Voilà 9 heures qu'on a quitté celui des Sarradets.
Lundi matin
Malgré les bons soins de Dani, le genou de Raymond est très douloureux. On oublie le Mont Perdu. On va rentrer directement aux Sarradets. Un superbe arc-en-ciel salue notre départ.
On fait à rebours une partie du chemin de la veille jusqu'au col de Millaris. Petit à petit, le temps se dégrade : il fait de plus en plus froid, la neige se met à tomber, poussée par un vent glacial. On a l'impression de recevoir des poignées d'épingles en plein visage.
On arrive ainsi au bas de la moraine que l'on doit remonter jusqu'à la Brèche. Et là, commence un véritable jeu de piste : la neige a recouvert la trace, on "crapahute" de rocher en rocher à la recherche des cairns - difficilement visibles à cause du brouillard de plus en plus épais. On arrive à une "croisée de chemins" : à gauche ou tout droit ?
Discussion, hésitation. Finalement, on prend tout droit.
- Repérez bien ce cairn, recommande Raymond, on va peut-être devoir revenir jusque là.
Sous les capuches, on n'en mène pas large. Jean-Pierre, lui, exulte : il adore cette navigation à l'aveugle...
On gravit lentement la moraine et tout à coup, on bute sur la muraille.
- On y est ! C'est là que je voulais arriver ! annonce fièrement Raymond.
Soulagement général.
Là, c'est le Pas des Isards : un sentier pas guère plus large que nos chaussures entre falaise et éboulis. Une chaîne court le long de la paroi pour sécuriser le passage. Chacun la cramponne ferme. Silence dans le rang jusqu'à la sortie...
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Et puis de nouveau la Brèche, toujours dans la brume... Fabienne ne pourra pas contempler "cette fenêtre ouverte sur l'Espagne" dont on lui a tant parlé
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...et toujours le vent, la neige et le froid. |
On traverse le névé : la couche de neige a bien épaissi depuis la veille et les chutes sont nombreuses.
Arrivée au refuge : sieste pour les uns, petite balade vers le cirque de Gavarnie pour une poignée d'autres.
Au moment du repas on fait le point : on n'est pas complètement déçus, on n'est pas non plus totalement satisfaits... et demain c'est le départ !...
- Et si on restait un jour de plus !!!...
- On verra demain matin !
Demain matin ? C'est mardi.
Quatre d'entre nous rentrent à Villefranche, quatre autres restent. Destination : le sommet du Taillon.
Pour le Mont Perdu, on s'est promis de revenir... un week-end de grand beau temps...










