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Les conseils de Monsieur Alim

Vous trouverez ci-dessous un dessin représentant notre président-fondateur, Jean-Pierre Lafon.

Il est en train de terminer la montée au refuge de Baysselance (par Ossoue).

Vous aurez noté que l'œil est vif, le pas alerte, car le sac est léger

(et pourtant tout l'indispensable y est, mais aucun superflu).

 


Monsieur alimentation du randonneur

 

Qu'a-t-il donc dans son sac ?

Eh bien, tout dépend de la recette qu'il aura choisie.

 

Voici donc ses conseils culinaires et diététiques :

 

Certains des plats présentés ci-contre ont été éprouvés depuis plus de vingt ans auprès de tous les publics de la montagne.
Dans leur expression la plus réduite, ils constituent un excellent compromis poids/nutrition/goût pour faire face aux exigences de la diététique de l'effort d'endurance en montagne. C'est certes de la cuisine de raid, mais c'est d'abord de la cuisine ; à la différence des sirènes de la nourriture lyophilisée où ne vont pas nos faveurs.
La version gastronomique doit être réservée aux circonstances où le poids du sac ne fera pas inconvénient et où le moment du repas pourra devenir, un peu, un moment de fête.

 

 


 

1   ALBACORE ET GERMON FAÇON PARMENTIER

 

• Mettre à chauffer 0,400 litre d'eau par personne
• Saler à votre convenance
• Ajouter environ 15g de lait en poudre (boîtes de 300g)
Faire venir à ébullition et stopper le feu
• Verser 62,5g de flocons de pommes de terre (vendus en sachet de 125g, soit pour 2 personnes)
• Ajouter ±40g de thon, éventuellement avec son huile
• Ajouter ± 20g de gruyère râpé
• Une noix de margarine/personne si c'est l'hiver
Dégustez

OPTION GASTRONOMIQUE
• Doubler les rations de lait, de thon et de fromage
• Remplacer le gruyère par une tomme émincée
Que la volupté, l'extase et le plaisir vous envahissent

 


 

2   COCHON ASSORTI DE LÉGUMINEUSES

 

Si vous le pouvez, faites tremper les lentilles pendant quelques heures, la cuisson sera plus rapide
• Mettre à cuire 100g de lentilles par personne
Pour ce, couvrir les lentilles de deux fois leur hauteur d'eau ; un peu moins si elles ont trempé
• Introduire aussitôt une tranche de lard fumé/pers. ou des talons de jambon sec et ne pas saler
• Ajouter un oignon et une carotte émincée pour 2/3 pers.
Laissez mijoter, dégustez

OPTION GASTRONOMIQUE

• Ajouter une cuillère à soupe de graisse de canard ou d'oie
• Consommer avec un verre de vin
L'ivresse de l'altitude, sans doute !

 


 

3   COUSCOUS AU PENSIONNAIRE DES ESTIVES

 

Demandez à votre boucher de couper en dés de l'échine ou du plat de côtes de mouton et consommez le plat dans la journée ; la viande ainsi débitée est fragile sans réfrigération.
• Saisir 50g de mouton par personne et une courgette émincée à feu vif, sans corps gras et en remuant
• Saler un peu
• Couvrir d'eau à raison de 2 fois la hauteur et déglacer le fond en portant à ébullition
• Ajouter 100g de couscous,couper le feu
Laissez reposer 5 minutes, dégustez

OPTION GASTRONOMIQUE

• Faire saisir le mouton dans une macération d'huile et de curry
• Ajouter une aubergine
Ambiance exotique

 


 

4   ASIE ITALIE EN RACCOURCI


• Mettre à cuire 100g de riz par personne (pratique le riz précuit, conditionné en sachets de 125g) avec un peu de sel

• A l'issue de la cuisson, égouttez si nécessaire
• Ajouter une sauce tomate cuisinée, à raison de ± 40g par personne (boites de 190g)
• Ajouter ± 25g de gruyère râpé
Dégustez

OPTION GASTRONOMIQUE

• Ajouter du confit de canard à la cuisson du riz en veillant à doser l'eau de cuisson pour faire l'économie de l'égouttage.
• Vous pouvez supprimer le fromage
C'est un risotto

 


 

5   RÉSIDUS DE SUBLIMATION THERMIQUE RÉHYDRATÉS

 

Selon les indications de la notice
• Verser le contenu du sachet lyophilisé dans de l'eau froide
ou bien
• Verser le contenu du sachet lyophilisé dans de l'eau bouillante
Beurk !

OPTION GASTRONOMIQUE

• Pas d'option gastronomique

 


 

VIVRES DE COURSE


• La crème de marron en tube
• La pâte d'amande
• Les barres mars, twix, lions, snickers, nuts, kit-kat, bounty ...
• Les barres de céréales
• Pruneaux, raisins, figues, bananes, abricots secs
• Noix, pistaches, cacahuètes
• Fruits confits
• Lait concentré sucré en berlingot/tube
• Chocolat
• Miel
• Nougat, túron
• Les bonbons
• La confiture qui ne dégouline pas



 

RUDIMENTS DE DIÉTÉTIQUE À L'EFFORT D'ENDURANCE EN MONTAGNE


On identifie 5 types d'aliments classés par ordre d'importance :


  • LES GLUCIDES LENTS

"C'est avec le repas de la veille que l'on fait la course du lendemain"

Ce sont les flocons de pomme de terre, le riz, le couscous, les pâtes, les féculents pour les plats principaux et les autres aliments à base de céréales tels le pain ou les biscuits.
Tous ces aliments se résument à des sucres (même s'ils ont le goût salé) que l'organisme stocke, à l'issue du processus de digestion, sous forme de glycogène dans les fibres musculaires et dans le foie.
Ce glycogène sera converti en glucose, puis en énergie au prochain effort. Les glucides lents sont l'essentiel de l'alimentation en montagne.


  • LES GLUCIDES RAPIDES

"L'anti-fringale"
A la différence des glucides lents qui requièrent plusieurs heures, les glucides rapides (goût toujours sucré) sont assimilables en quelques minutes seulement.
Le glucose est dispersé dans le sang et à la disposition du muscle en effort. Toutefois, ce processus reste secondaire par rapport aux glucides lents et n'a de valeur que de dépannage.
C'est l'objet des vivres de course. Pour une bonne efficacité la prise doit être immédiate lorsque le besoin s'en fait sentir. Pour cette raison, chacun doit disposer de son tube de crème de marron à proximité immédiate.

Les glucides dans leur ensemble (lents et rapides) doivent représenter 60 à 70% des aliments solides absorbés.

 

  • LA BOISSON

"Bois sans soif"
Lorsque la sensation de soif survient pendant la course, c'est que l'organisme est déjà déficitaire. Sachant qu'une perte hydrique à hauteur de 3% vaut une diminution des performances de 30%, le thé du 4 heures et la soupe avant la purée au thon ont un but principal : FAIRE BOIRE.
L'eau permet du lutter contre le chaud (transpiration) mais aussi contre le froid (fluidité sanguine).
Le thé est la boisson isotonique (ça veut dire que c'est parfait) la plus facile à mettre en œuvre en montagne. La bière est aussi isotonique (un peu moins parfaite quand même) mais on n'imagine pas de la mettre en œuvre ailleurs que dans des refuges gardés.
On est particulièrement menacé par la déshydratation en altitude, l'hiver. La sueur ne perle plus sur le front, on se déshydrate par les poumons (air sec), et la nécessité de se soumettre à cette servitude pesante qui consiste à faire fondre la neige peut faire renoncer à boire.

 

  • LES LIPIDES

"Le gras c'est la survie"
Pour garantir les diverses fonctions de l'organisme, une alimentation équilibrée devrait être composée de "bouts de gras" à hauteur de 30%. À la ville, on est toujours excédentaire (artéro-sclérose, obésité...), à la montagne on est toujours déficitaire (pas de plats cuisinés, pas de sauces salade, peu de viandes...).
Les lipides participent aussi à l'effort d'endurance, mais par un processus plus complexe et avec un rendement moindre que les glucides. Par contre, ça fonctionne longtemps. Lorsqu'il n'y a plus de purée à brûler, à la dixième heure, on consomme du gras.
Enfin, on se doit de distinguer les gentils acides gras des méchants acides gras. Les méchants sont plutôt d'origine animale, les gentils sont plutôt d'origine végétale.
On atténue le déficit en lipides à la montagne avec toutes les noix oléagineuses (cacahuètes and Co), quelques olives, en choisissant du thon à l'huile pour la purée et l'hiver avec de la margarine.

 

  • LES PROTÉINES

"Las, la barbaque est notre culture"
Les protéines servent au renouvellement des cellules de notre organisme et à la croissance pour les plus jeunes, mais ne participent pour rien à l'effort d'endurance. Lorsqu'on saura qu'on trouve des protéines dans les flocons de pommes de terre, on imagine la place qui reste pour le saucisson : 5%. Pire, la digestion du saucisson consomme des glucides et produit un résidu sous forme de toxines "lourdes". Qui plus est, il a fallu le porter !
En fait, l'on est généralement excédentaire en protéines pour la seule raison que la consommation de viande est dans nos habitudes alimentaires et que notre goût en redemande. On ne pourra pas éviter de se faire plaisir, mais penser à faire moderato.

 

  • DERNIERS CONSEILS

• L'hiver et à haute altitude où l'on consomme de l'eau de fonte déminéralisée, il est utile de recourir à des additifs de boisson chargés en sels minéraux.
• Sauf expé ou grand raid, les apports vitaminiques sont suffisants avec le régime alimentaire préconisé ci-dessus.

• Le café fait faire pipi beaucoup !